Bonus + une idée de la parentalité

Ma parent-thèse : Éducation bienveillante et Krav maga ?

Je sais qu'il en exite qui pensent qu'il faut matter la crise, qui se disent "j'ai été élevé comme ça et j'en suis pas mort". Il y en a qui musèlent les élans, les colères, l’individualité, qui contrarient les choix, qui n’écoutent pas, qui « serrent la vis », qui nient facilement les émotions, "c'est pas grave", "ne pleure pas".

Un jour, alors qu'il était en train d'hurler sur moi, j'étais assise sur une marche à côté de lui, je l'ai trouvé beau dans sa colère. Attendrissant. J'ai compris qu'il ne lacherait pas tant qu'il n'aurait pas vidé son sac de cris. Je lui ai dit que je restais là pour lui donner mes bras quand il serait calmé, que je comprenais qu'il soit énervé et qu'il ait envie de crier. Un instant, une question fondamentale m'est venue, je me suis demandée : en fait, jusqu’où je voudrais qu’il s’écrase ? et jusqu’à quand ?

Est-ce que je veux qu’il s’écrase dans la cour de récré si un jour il se fait frapper ? Est-ce que je veux qu'il s'écrase dans la rue ? Est-ce qu'il doit s’écraser devant une injustice dont il serait victime ?  Est-ce que vous voudrez qu'il s'écrase face à un garçon qui l’agresse ? Est-ce que c’est si mal de savoir dire non ? Est-ce qu'il faudrait qu’il s’écrase le jour où son copain se fait harceler ?  jusqu’où voulons-nous que notre enfant s’écrase et rentre dans le rang, jusqu’où  le forcer à répondre au désir des autres (le nôtre). J'ai pas tellement envie qu'il s'écrase en fait. J'ai envie qu'il sache dire "stop", "non", "arrête", "je ne veux pas", "je veux bien" etc...

C’est moi qui vais lui apprendre à se tenir droit, à se respecter et indirectement à inspirer ce respect, ça marche mieux en lui montrant que ma main est là en cas de besoin dans les premières années de sa vie plutôt qu’en l’agressant ou en lui apprenant à s’écraser.

J’aime bien cette citation de Jesper Jull : « Un enfant blessé dans son intégrité ne cesse pas d’aimer ses parents, il cesse de s’aimer lui-même ». Il y en a que ça va rassurer, leur place de parent n’est pas en danger quand ils dépassent les bornes. Mais jusqu’à quand ?

Enfant roi ou parent tout puissant ?

J’ai fait le choix de l’éducation basée sur l'écoute et le respect. Certains me qualifieront de « laxiste », c’est ne pas comprendre l'essence même de mon idée. On parle de « l’enfant roi », mais que dit-on de ces parents tous puissants ? De ceux pour qui il est urgent de faire taire, de dresser, d’imposer, de montrer qui est le patron, de faire aller dans le droit chemin ? Que dit-on de ceux qui n’obtiennent que par la force ? J’appelle ça des parents tous puissants.

Derrière un parent tout puissant, il n’y a pas toujours un mauvais parent. Souvent, il ne fait reproduire ce qu’il a vécu ou vu. Mais j’ai de plus en plus de mal à penser qu’on puisse à ce point nier l’impact que l’éducation punitive et castratrice a sur toute notre vie, mais j'essaye de ne pas juger. Simplement, ça me rend triste pour eux et surtout pour leurs enfants.

La relation est inscrite au cœur d’un cadre bienveillant, d’une connexion de qualité, l’empathie aide à comprendre le vécu de l’enfant. Parfois c’est oui, parfois c’est non, mais trop de « non » tue la relation, alors que quelques secondes suffisent pour comprendre que mon « non » s’oppose à une découverte, qu’il contrarie un désir d’autonomie, qu’il blesse la liberté de choix.

Questionner ses parents pour devenir parent

Voilà pour mes principes sur l’éducation. Ces idées ne me sont pas venues comme par magie, elles sont le fruit d’un gros travail de reconstruction que j’ai entamé le jour où j’ai quitté le domicile de mes parents. Je n’ai heureusement pas mis beaucoup de temps à me libérer de la gratitude obligatoire à laquelle on nous astreint vis-à-vis de nos parents. C’était une question de santé mentale.   

J’ai entamé un travail, lu, passé des heures à décortiquer les traumatismes de mon enfance seule ou accompagnée, cela ne pouvait pas déboucher sur rien, je n’allais pas reproduire seulement ce que j’ai vécu, c’était impossible.

Je ne peux pas être passionnée par les travaux de chercheurs ou d’auteurs comme Bowlby, Miller ou Gueguen et ne pas adapter toute ma vie et mon rôle de maman autour de ce que je sais et ai appris. Sinon à quoi bon avoir passé tout ce temps à étudier et à apprendre à guérir moi-même de ce que j’ai vécu ?

Voilà comment j'en suis arrivée là. L'éducation que je donne à mon fils se dessine  autour d'un mot "la connexion", à côté de laquelle je ne peux pas passer. Pas de "truc" pas d'astuce, c'est le lien comme il est construit depuis sa naissance qui permet tout. L'expression, l'écoute, l'amour, le réconfort, l'empathie, la tendresse, la gestion de crise, l'accompagnement de toutes ses émotions, et le développement de sa personne.

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