Le site est mort, vive le blog ! 2018, nous voilà !

  • Par adminmacc
  • Le 08/01/2018
  • Commentaires (6)

Bonne année à tous et toutes,

ça parait bête à dire, y'en a qui se plaignent de devoir le dire (l'an dernier, moi par exemple), pourtant, je ne sais pas pourquoi, cette année j'ai envie de le dire.

C'est peut-être le seul moment de l'année où les gens prennent la peine de se souhaiter de bonnes choses, où ils se disent quelque chose de purement bienveillant. Alors voilà : je vous souhaite une excellente année, je vous souhaite que chaque jour de cette année vous apporte une part de bonheur !

Je fais un billet sans brouillon aujourd'hui. Je vous écris comme je le ferais dans un journal. Voilà des mois que je réfléchis à la suite à donner à mon projet initial, et cette année 2018 va enfin être l'occasion de trancher :

J'ai décidé de fermer le site et son blog.

Vous voulez un aperçu de comment ça se passe dans ma tête en ce début d'année ? Regardez cette photo :

Img 0559C'est une photo que j'ai prise lors de mon séjour au pays basque. C'était un jour de tempête incroyable.

Le vent balayait les côtes et nous déportait.

Le ciel est divinement bleu derrière les nuages, comme une base solide de bien-être, un bonheur caché par l'ombre mais radieux et puissant. Ma famille, mon couple, c'est ce ciel bleu, des liens solides parfois bouffés par les nuages.

Quelques rayons transpercent et éclairent par moments quelques recoins de décor. Mais l'épisode défile dans le manque de lumière. La mer se déchaine, parfois ça gronde.

On attend l'apaisement.

En fait, on attend une Opex et on cogite sur le célibat géo qu'on nous impose à partir de l'été prochain (le premier qui me dit que le célibat géo est un choix, je lui mets ma main dans la tronche).

On a peur de trop se manquer. On a peur de fragiliser notre beau ciel bleu. Et par dessus tout, on a peur que notre fils soit malheureux.

Voilà ...

 

 

On pourrait se dire que ça n'a pas grand chose à voir, mais il est devenu de plus en plus évident que Montet-accompagnement n'a plus lieu d'être car ma conférence n'a pas trouvé sa place dans les petits papiers de l'aide aux familles gérée par la Défense. En décembre 2016, j'ai fermé cette coûteuse aventure de micro-entreprise et j'ai tiré un trait sur cet espoir, cette motivation énorme qui m'avaient conduit à franchir le pas de la création d'entreprise.

Je pensais offrir mon travail en libre accès sur mon blog, ce que j'ai continué à faire au moins en partie, malgré ma peur de me faire voler mon travail et mes idées.

Il me semble que cette décision n'a donné qu'un résultat partiel, je n'ai pas livré l'intégralité de la conférence, pour plusieurs raisons :

- Le sentiment d'offrir à l'armée ce qu'elle n'est pas capable de donner (ou payer) aux familles : Un site internet de ressources gratuites où trouver des infos  autres que des fascicules à la con (désolée, je parle comme ça vient) et des phrases creuses ou des conseils évidents voire contre-productifs, tout en omettant 50% des informations clés. Sans oublier cette tendance qui la pousse toujours à nous rapeller que ce qui est important c'est "Le militaire" et son travail ...

- L'impression d'être tombée dans le piège de la gratuité : on me lit, j'ai au minimum 100 visiteurs par jour, mais mon travail ne me rapporte rien. Peut-être que je vais en décevoir certains en disant que ça a son importance, j'en suis désolée. Peut-être aussi que ça aurait moins d'importance si j'étais épanouie professionnellement par ailleurs. Mais j'avais quand même créer la conférence en espérant qu'elle me permette de dégager un tout petit revenu afin d'être plus autonome. J'ai reçu deux dons de la part de deux personnes d'exception qui ont pris la peine de m'écrire pour me remercier et leur écrit valait autant que leur don. Ces deux cadeaux du ciel m'ont mis dans un état émotionnel très intense. J'ai réalisé que le "tout gratuit" sur internet, c'est dur à vivre pour les créateurs, encore plus dur pour les personnes comme moi, qui, à la base, doutent déjà d'elles-mêmes. Je suis tombée dans cette petite brèche qui me fait parfois penser que ce que j'ai fait n'a pas de valeur ... et ça, je n'aime pas. Ce n'est pas tant l'absence de revenu qui pèse mais plutôt ce que ça induit dans mon esprit : "ce que tu fais ne vaut rien".

- Le manque d'intimité : J'ai maladroitement choisi mon nom comme nom de domaine. C'était une erreur fondamentale lors de la création de cet espace. Le fait d'être identifiable m'a complètement verrouillé à certains moments. Voilà pourquoi le site doit disparaitre et le blog avec. Je ne veux plus que mon mari ou moi-même soyons reliés à ce que j'écris. Cela prendra du temps, mais tout disparaitra peu à peu. Mon oeil s'aiguise sur le monde de la défense, je sens que je ne parviendrais plus à faire comme si tout allait bien et à rester dans le rang. Il vaut mieux que je m'extirpe de toutes ces balises qui m'empêchent de dire ce que je pense.

- Je suis en colère contre le "système", en fait, je ne me reconnais pas dans les valeurs qu'on nous vend : Cette colère prend pas mal de place, elle a un impact sur ma consommation, elle pèse sur mes choix, sur mon mode de vie. Cette colère n'est pas une colère d'adolescente comme celle que j'ai pu ressentir quand j'avais 15 ans. Je n'ai plus envie de changer le monde, j'ai envie de vivre ma vie sans trop me soucier de lui. C'est très difficile en étant épouse de militaire, et je vous le dis clairement, il me tarde de ne plus avoir ce statut. Du coup, parfois, écrire à d'autres épouses pour les aider, ça me semble paradoxal. Je n'arrive pas toujours à résoudre ce conflit, et du coup, j'empile les billets entamés ou que je ne publierai jamais.

Pour conclure, il va me falloir réfléchir à deux options.

Tout faire disparaitre ou créer un nouveau site anonyme 80% contenu de la conférence et 20 % contenu annexe, type billets humour ou chroniques de livres pour enfants. Je veux que cette option soit trouvable sur internet facilement, donc je vais devoir faire un gros travail de SEO et sûrement refaire vivre ponctuellement une page Facebook (beurk) pour y faire venir les gens. Ce site serait anonyme afin de me donner une liberté de ton, il serait plus statique qu'un blog. 

Vous me suivrez ? Vous l'appeleriez comment ce site ?

Cela me ferait plaisir d'avoir un mot de vous après tout ce que je viens d'écrire. Belle journée !

Gwenaëlle

 

 

 

 

 

Commentaires (6)

adminmacc
Merci pour ton message ! :)
Chloche
  • 2. Chloche | 11/01/2018
Salut ! Tout d'abord merci pour ton blog, je suis une de ces '' newbies '' un peu perdues et ayant besoin de se rassurer comme elle le peut, chose faite !
Si je peux me permettre, tu peux donner un nom un peu humoristique à ton site, car tu dédramatise extrêmement bien ce mode de vie. Cela pourrait être un jeu de mot assez basique ou un peu plus implicite, intégrant ta personnalité ( ''desperate mili wife'', ''journal d'une combattante'', ''ce site me sert de passe-temps lorsque mon mari est absent''
adminmacc
Votre phrase m'a bien fait rire "explosé en vol" ... il y a beaucoup d'explosion en vol je crois ... on n'a pas de chiffre mais c'est fréquent !
Merci pour votre commentaire et surtout pour votre superbe message :)
Agnès
  • 4. Agnès | 09/01/2018
Bonjour Gwenaëlle,
Oui une page FB pourrait être une bonne idée.
Jetez un œil Sur LinkedIn, il y a des gens qui publient des "billets d'humeur". Bon, ce n'est peut-être pas le site privilégié des femmes de militaire mais ça peut vous inspirer.
Les espaces ne manquent pas pour exprimer son point de vue, surtout si c'est bien écrit. Vous aurez sûrement un public fidèle.
Je suis certaine que le profil des femmes de militaires change, le commentaire de Coco l'illustre bien. Beaucoup ont probablement une vie active (et pas seulement Ass Mat!) et doivent combiner journée de travail et enfants/contraintes domestiques. Pas toujours facile, surtout quand on est seule pour tout faire, penser à tout...et garder le moral!
Et lorsqu'on finit par trouver son rythme...pas facile d'en retrouver un avec l'homme de retour au bercail.
Bref, femme de militaire, c'est un peu un sacerdoce. Je le découvre sur le tard, avec de la distance et de la maturité. Heureusement!
Plus jeune, j'aurais explosé en vol au bout de 6 mois :)
Je suis abonnée à plusieurs pages FB, j'aime bien retrouver les news ou les posts, à mon rythme.
Alors, si vous tentez l'aventure, je serai une fidèle supportrice et commentatrice :)
Bon courage et au plaisir de vous lire!
adminmacc
Merci Coco, je suis éminemment touchée par votre message.
Je n'ai jamais eu de vie professionnelle très comblée. Soit j'ai bien gagné ma vie, soit c'était intéressant ! :) Je rêve de concilier les deux.
Mon projet de conférences conciliait plusieurs de mes valeurs et besoins (aider, participer, réunir, être indépendante et travailler un peu pour gagner juste assez ... ahah)
J'ai un niveau d'études supérieur à celui de mon mari, comme vous. Et pas très envie de devenir assistante maternelle.
Je vous tiendrai au courant via ce site des suites données à mon blog.
Merci infiniment pour votre gentillesse, vos mots et le temps que vous m'avez offert !
Il est toujours très rassurant pour moi de lire des propos comme les vôtres et de croiser un profil atypique, :)
Coco
  • 6. Coco | 08/01/2018
Bonjour Gwenaëlle, je vous lis avec beaucoup d'intérêt depuis que je partage la vie d'un militaire. Pour le moment j'ai beaucoup de chance : je continue à travailler (métier de cadre) à temps plein (au prix de 3h15 de train/jour) avec un salaire plus élevé que le sien, ce qui est très atypique. Nous n'avons pas d'enfant. J'adore mon métier qui est assez rare et je ne sais pas ce que je ferai si un jour nous sommes mutés en un lieu impossible sur le plan logistique. L'entrepreneuriat sera sans doute la seule solution pour rester libre et autonome. Encore en ai-je quelques moyens (un peu d'argent, des outils, un réseau, un cursus pertinent...) , c'est un grand privilège. L'un de mes étonnements en commençant à découvrir le monde militaire a été le décalage important de niveaux d'étude entre beaucoup d'officiers (équivalents bac+5) et leurs compagnes. C'est un milieu de traditions où, par exemple, je n'avoue qu'à demis mots mon végétarisme. Je me dis qu'un jour peut-être (naïveté ?) mon statut en tant qu'épouse d'un gradé me permettra d'orienter un peu la façon de faire avec les familles au niveau d'un régiment par exemple. Dans mon métier je fais beaucoup d'accompagnement collectif, tant de choses existent pour aider des personnes sans les orienter à leur place et au lieu des fascicules. J'ai lu aussi votre article sur le plan familles et comme vous, je suis froissée par l'encouragement à devenir assistante maternelle, en plus des arguments que vous évoquez, à cause d'un côté sexiste de maintien dans une occupation stéréotypée féminine (métier de soin au jeune âge) et maintien au "foyer". Le travail que vous avez mené, votre tentative de transformer les pratiques d'accompagnement, la justesse de vos propos, me touchent beaucoup et rien ne devrait vous enlever la satisfaction d'avoir sorti tout cela de vous avec autant de sincérité. Vous faites de votre mieux pour faire (amplement !) votre part, on le sent à chaque ligne. Avec mon conjoint nous avions aussi beaucoup ri en lisant votre article sur les types de femmes de militaires. Je vous suivrai sur un autre site avec plaisir.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×