Noël en base arrière, l'article

3681873678 9ccbe16ef8 oLe blog Montet-accompagnement a reçu du courrier ces derniers jours ! Que d’émotions en lisant les anecdotes de ces femmes de marin, de gendarme mobile, de militaire qui ont accepté de me raconter leur fin d’année.

2015 signe l’hyper mobilisation de nos forces armées. Plus que toujours sur tous les fronts, nos hommes laissent en coulisse leurs bases arrière, une femme, avec ou sans des enfants, petits ou grands. Laissez moi vous présenter ces coeurs en hiver.

Justine a 19 ans, elle attend son marin au port : « ce n’est pas la première fois, mais (…) c’est toujours plus dur qu’avant ». Telles des feuillets qui se superposent, les missions s’accumulent dans le parcours d’une vie et peu importe l’âge, on ne se fait jamais vraiment aux départs.

Raphaëlle, 28 ans, ceinture noire en organisation, a jonglé avec les gommettes de ses deux fils jusqu’à ce que la date soit enfin fixée, « c’était compliqué d’expliquer tous les matins que papa pouvait partir et le soir qu’il était encore là (…) papa absent + bébé = pas un cadeau. Alors Action : j’ai essayé de bouger chez des amis, dans la famille »

De l’importance de partager, de se réunir avant de se séparer Fond de lumieres de noel 1384438959 61

Cette fois, Sophie aussi, 45 ans a dit au revoir à son mari sans même avoir le temps de lui préparer un cadeau, « son départ était incertain, et puis en une journée il a eu confirmation et il est parti (…) son cadeau ne lui est parvenu que le 11 janvier (…) C’était dur de ne pas l’embrasser au nouvel an (…) et mon anniversaire et notre anniversaire de mariage seront passés avant son retour ».  

Ailleurs, on a pu s’organiser, l’époux prévoyant de Céline 31 ans,  avait caché un cadeau dans la maison « il m’a dit où le trouver le 24 au soir (…) quand les enfants se sont réveillés, nous avons appelé leur papa sur Skype, et on est descendu ouvrir les cadeaux ‘tous ensemble’ ». Justine raconte « il est parti quelques jours avant notre déménagement (…) le plus beau cadeau c’est qu’il m’a fait sa demande de fiançailles juste avant de partir, ça nous a encore plus soudé ».

 

Se faire entourer, aller vers les autres

Lina, 24 ans, se souvient de leur Noël 2014 « J’ai accouché le 22 septembre et le 30 mon homme partait en OPEX. J’allais donc passé le premier noël de mon fils seule avec lui ». Elle a réussi à trouver du soutien auprès de sa famille et à passer de bons moments avec sa sœur,  « il ne faut pas rester seule quand il part, même si on a du mal à se le dire sur le moment ». C’est aussi le message de Raphaëlle, « il y a une solidarité très forte parfois dans les régiments entre toutes les épouses (…) j’invite chacune, peu importe la hiérarchie, les catégories, à dépasser ses barrières (…) on papote, se confie, et on apprend des autres ».

Anaïs a dit au revoir à son soldat, juste après l’ouverture des cadeaux le 25. « j’ai fêté le nouvel an, avec foie gras et petit blanc, ( …) il manquait quelqu’un à côté de moi mais j’ai été entourée de beaucoup de membres de ma famille, ça fait chaud au cœur (…) à minuit, quand les couples s’embrassaient, j’ai attendu la bise » dit-elle en s’en amusant.

La fierté d’une femme, le dépassement de soi

A la lecture de tous ces témoignages, il y a plusieurs choses que j’ai notées : la présence d’une sensibilité chez chacune, mais sans sensiblerie. La fierté d’être conjointe ou épouse de militaire, et l’âge avançant une capacité de plus en plus grande à comprendre et encourager la carrière de son partenaire. Stéphanie, 32 ans, femme d’ancien militaire reconverti gendarme mobile le confie « la distance, l’absence … je n’aurais jamais imaginé pouvoir être aussi patiente (…) je suis fière de lui, d’être sa femme ».

Sophie y trouve parfaitement son compte, « après le Royaume Uni pendant 3 ans,  je souhaite qu’on reparte, qu’il trouve l’emploi idéal si possible à l’étranger » Elle termine son témoignage par tout ce qu’elles a déjà connu pendant les absences de son mari, dont un trajet « Fort de France –Brest avec deux bébés ». Cette année, sa fierté c'est aussi ses grands enfants qui « ont collaboré tous ensemble en préparant une vidéo à la façon des Youtubers » pour leur père.

Raphaëlle souhaite à son mari une future Opex « où il s’éclate (…) je suis fière de le voir s’épanouir dans son travail, sa vie de famille. (…) j’apprends chaque jour à respecter son amour pour son métier ». Lina, elle, espère une pause. Son cœur de maman veut que son fils profite enfin d’une longue période de présence de papa,  même si elle admet que « devenir femme de militaire m’a fait grandir (…) cela m’a montré que je pouvais être seule et m’occuper de ma famille »

Le lien d’amour ne connait pas la distance Img 7138 rec nb 2

Même si tous les jours ne sont pas joyeux, chacun de ces témoignages déborde de quelque chose d’incroyablement puissant et précieux : l’Amour, avec un grand A. Oui, nous, femmes de militaire, sommes toutes, sans exception, de grandes amoureuses. Céline le dit « je l’aime très fort, il est un bon père ». Justine vit une relation qui la répare, reconnaissante elle écrit  « Je l’aime, sans lui je n’aurais jamais pu réussir à remonter la pente de tout ce que j’ai vécu ».

Anaïs décrit une vie « hors du commun. Je ne changerais ma place pour rien au monde » Elle partage ses ressentis en écrivant sur la vie des femmes de militaire, elle aussi, avec l’envie d’en faire un livre. Stéphanie a une pensée pour toutes les familles de ces hommes «de ce qu’ils font pour leur pays ».

Il est difficile de terminer ce genre d’article car j'aimerais laisser encore plus d’espace à ces récits. Lire et échanger avec ces femmes ne fait que renforcer mon envie de partager en les  soutenant.  Gérer l’absence, comme lors des évènements synonymes de réunion familiale, c’est une quantité de petites ficelles à tirer et à accorder les unes avec les autres, personne ne dit que c’est facile, mais apprendre à identifier, normaliser et s’organiser pour qu’elle soit mieux vécue, est possible. Poser des mots, décortiquer, s'outiller, en rire, en pleurer, mais surtout s’y retrouver, et en profiter pour avancer : ce sont les objectifs que je poursuis avec envie et énergie sur mon blog et avec mes conférences. Et ma façon, en tant qu’épouse de militaire, d’apporter une autre pierre à l’édifice !

Espérant vous retrouver bientôt !

Chaleureusement, Gwenaëlle.

soutien famille absence militaire enfant femme

Commentaires (5)

mttaccpt-admin
  • 1. mttaccpt-admin (site web) | 24/01/2016
Il est nouveau ce groupe ? :) en plus je vois que Mou Line t'accompagne dans la modération. Une nana bien sympa avec qui j'ai toujours eu plaisir à échanger :)
Gg
  • 2. Gg | 24/01/2016
Bonjour, j'aime beaucoup votre conclusion: "Poser des mots, décortiquer, s'outiller, en rire, en pleurer, mais surtout s'y retrouver et en profiter pour avancer". D'accord à 100%! Merci.
audrey
  • 3. audrey | 24/01/2016
Bonjour Gwennaelle,

Merci pour ce nouvel article.
Il fait chaud au coeur, notamment quand son propre conjoint est absent en ce moment.

Pour info nous avons justement un petit groupe bien sympathique sur Facebook destiné aux femmes et familles de militaires : https://www.facebook.com/groups/1944072672485485/

N'hésitez pas à nous rejoindre!
A bientôt!
mttaccpt-admin
  • 4. mttaccpt-admin (site web) | 22/01/2016
Lysiane, tu traines toujours sur le blog ? alors on pourrait peut être bien collaborer sur un autre article ? je sais ce que c'est d'avoir un bébé ... :) Bises !
Lysiane
  • 5. Lysiane | 22/01/2016
Je suis triste de ne pas avoir eu le temps de répondre à tes questions mais seule avec bébé pas facile de faire tout ce qu'on veut !!!
En tout cas, très bel article ...
Bon ok, j'avoue tout ... j'ai pleuré !
Très jolies retransmissions ! Nous ressentons et pensons toutes la même chose !
Bon courage pour l'attente Mesdames !

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