Fragments d'attentes aux 4 saisons

Un essai créatif sur le thème de l'attente et des 4 saisons.

 

Hiver

Je sais que lorsqu’on tombe, il faut se relever, mais les journées de silence rallongent mes petits déjeuners… 2, 3, 4 café800px horloge astronomique prague details serrés.

La neige fond le long des branches et le merle ne siffle plus. Le clic clac de la gouttière dégoulinante décompte les secondes à ma place. Je peins les murs de mon attente et je griffonne  des pages d’ennui. J’attends que l'absence s’efface sans faire de bruit.

Depuis quelques jours, je n’ai plus envie d’en parler.  Autour de moi le vide se fait, mais j’ai l’impression que je peux tout garder. Les souvenirs se rejouent dans mon esprit, un jour j’en pleure, l’autre j’en ris. Ma chance c’est que je t’ai toi, même à distance, tu me donnes les mots qui me relancent.

Jusque tard, le crépitement du bois vert dans la cheminée me garde éveillée… 2, 3, 4 regards vers ton portrait.

Printemps

Les cerisiers sont en fleurs et mes bras se découvrent. Et depuis quelques jours, au creux de mon antre, un bourgeon s'ouvre. Hier sur la route, y’a eu ce point chaud au bas de moi. Ma main est venue se poser sur mon ventre. Je sais que c’est toi.

Lui est parti, plus de nouvelles depuis 10 jours. Tout juste eu le temps de lui dire que  mon sang t'inonde et que ta vie commence. J’ai envie de crier au monde que tout fait sens, que tu fleuris et combien je suis remplie de ta présence.

Depuis toi, chaque jour qui passe a trouvé sa raison. Je te fabrique toute seule comme un cadeau pour son retour à la maison. Je prends soin de moi, puisque tu m'as choisi, mon petit brin de vie. Certains jours, je me demande lequel des deux porte l’autre. Cette absence c'est un temps que l'on fait nôtre. Te donner vie transcende mon impatience. Et se tisse entre nous le plus grand des amours en silence.

Été

Effusion intérieure et membres figés, dans ma robe légère, debout là,  récitant mes monologues intérieurs et conversations de perroquet. Orgasme méditatif rien que d’y penser. Je suffoque. Tu vas arriver. Je respire à moitié, depuis ton départ, j’ai comme un poumon à l’arrêt.

Envie de toi, de ton parfum de sel. Mon reflet m’inspecte dans la vitrine, les gens se serrent dans leurs bras. Où es-tu ? J’te vois pas.

Les aiguilles de l’horloge tournent au ralenti. J’ai le cœur qui vibre et mes bras se balancent en longeant le quai. Les moteurs des machines brûlent mes jambes, par le soleil frappées. Je me dis " je vais bien me tenir ". Je vois entre deux costumes ta silhouette avancer. Tu as relevé le menton et nos regards se sont croisés.

À ce moment-là, tout s’arrête et rien ne compte plus que tes bras. Je me faufile au milieu des pantins et je sens mon sang jaillir du fond de ma poitrine et tout se gonfle comme dans un grand courant d’air. Je respire à nouveau et j'emmêle mes cheveux autour de tes doigts. Ton odeur, ton souffle derrière mon oreille, la douceur de ta nuque, tout est là. Ne bouge pas.

Nos bras frissonnent en plein été. Tu es tout ce que j’attendais. Tout ce qu’il me fallait. Le temps peut s’arrêter. Rien que pour vivre ce moment-là, je t’attendrai encore. Et personne ne voudra jamais te serrer aussi fort.

Automne

Les feuilles tombent et nos nuits s’allongent. Tu dors encore. Je n’ose pas bouger, mais je me retourne, tête blottie dans l’oreiller. Je vais attendre que tu te réveilles. Les heures pourraient bien défiler.

Je vois tes yeux clos, gonflés par le sommeil,  tes petits cernes figés,  ta bouche à demi close et ton souffle échappé. Je vois tes mains lasses au bout de tes bras comme deux branches nues. Je vois ta poitrine calme,  tes reins dans les plis du tissu et ton corps abandonné. Je rêve.

Te regarder dormir, je donnerais tout pour ça. Et  tes poumons s’emplir, juste te regarder, là. Sous ta peau voir ton cœur qui s'enfle et se gorge de sang. Balayer les cotonnades et me glisser contre toi. Tant de nuits passées l’un sans l’autre à rêver de ce moment là.

Je voudrais pouvoir te regarder dormir comme pour la première fois et le temps suspendu. Te regarder dormir et me dire que c'est tout sauf du temps de perdu.

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Commentaires (5)

montetgw
ça me touche de vous faire vivre ces émotions :)
Léa
  • 2. Léa | 06/12/2015
De même la description des retrouvailles m'a beaucoup parlé ... Ma gorge s'est serré, les larmes ont commencé à monter ! C'est tellement beau et tellement ça ....
Merci pour ce beau moment ! :)
CharlotteBitche
  • 3. CharlotteBitche | 30/11/2015
Magnifique texte!! Alors j'avoue la larme n'était pas loin pour les retrouvailles! Parce que rien que pour ce moment cela vaut le coup d'attendre 3 , 6 ou 7 semaines voir 4 à 6 mois!!
montetgw
Merci ! joli compliment !
Merry
C'est magnifique tout ce que tu écris ! on arrive à toucher du doigt tes émotions tellement elles sont vibrantes ! je te souhaite sincèrement beaucoup de Lecteurs ;) .

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