Communication à distance : parlons-en!

Relation à distance, expatriation, voyage d’affaires, militaire en mission, vacances, finalement, nous sommes nombreux à devoir gérer de plus ou moins importantes périodes d’absence.

Les évolutions technologiques des 20 dernières années ont littéralement révolutionné notre manière de nous connecter les uns aux autres, de créer du lien et de vivre nos relations. Ironiquement, il semble que plus nous ayons les moyens de nous rassurer plus nous sommes inquiets et moins nous supportons l’absence et la frustration qu’elle génère.

Réseaux sociaux, messagerie instantanée, mails, téléphone portable connecté en permanence, notifications, bien souvent nos attentes quant aux moyens de communication sont très fortes. Une très récente étude a permis de le constater, même nos nuits sont perturbées par tous ces outils. Autant le dire clairement, on a pris de mauvaises habitudes. Nous sommes devenus intolérants au silence et exigeons une disponibilité de tous les instants de la part de nos proches.

A quoi faut-il penser lorsqu’il s’agit d'un militaire qui laisse sa famille dans le silence plusieurs semaines (j'ai vécu ça 4 semaines d’affilée) ou si on est prêt à monter dans les tours quand une réunion s’éternise et que la personne a le culot de rejeter notre appel ?

Nous sommes devenus des despotes de la communication, des oppresseurs en mode digital. Il est urgent de nous rappeler ce qui se joue à travers toute communication. Je vous propose d'en aborder un aspect à travers cet article.

Communiquer c’est bien souvent une démarche de l’instant. Caroline

C’est pour cela d’ailleurs que toutes les techniques existantes à son sujet (CNV etc...) sont si difficiles à mettre en place.

En fait, lorsque vous communiquez vous êtes dans ce que j’appelle, l’instant T d’une humeur. Le coup de téléphone vous « cueille » à un moment, pas toujours convenu ou convenable et il se peut que votre état mental ne se prête pas du tout à une conversation. L’attente de votre interlocuteur et la mécanique autour de la disponibilité à laquelle nous nous astreignons, font que rarement nous ne prenons la peine de conscientiser cette humeur, alors qu’elle va avoir un impact impressionnant sur la qualité de l'échange qui va avoir lieu.

Il en est d’ailleurs de même pour l’appelant, pas toujours attentionné vis à vis de son propre état, qui va chercher à entrer en contact.

 

Le problème est que cette  humeur va colorer la conversation,  elle va ensuite rester comme une empreinte dans l’esprit de chacun. Elle va teinter tous vos mots d'une couleur particulière, du rose au noir, en passant par le gris et dans l'esprit de votre partenaire, vous porterez cette couleur jusqu'au prochain appel.

Ayez à l’esprit cet « instant T de l’humeur » dans lequel vous et votre partenaire étiez. Identifiez-le et apprenez à démêler les nœuds entre ce que vous attendez et ce qui peut se passer. Prenez soin de vos conversations, de ces petits moments de connexion qui seront les vôtres. Soyez compréhensif et voyez votre communication dans sa globalité en essayant au maximum d'en éliminer ces colorations parasites. 

Je vous ai déjà parlé d’un code ou une phrase sur lesquels se mettre d’accord pour les moments qui ne seront pas propices à la communication. Quand ce n’est pas le moment, ou si on sent que l’humeur n’y est pas,  soit on fait un effort, soit on reporte la communication !

Un militaire en opération, plus particulièrement, a besoin de toute sa capacité de réflexion et de sa concentration sur le terrain. Un stress ou une inquiétude (dispute …) provoqués par une conversation et c’est sa sécurité voire celle de ses collègues qui sont mises en jeu. Ne l’oubliez jamais.

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Photo credit: Anaïs Nannini via Visual Hunt / CC BY-NC-SA   

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